La forêt est une ressource précieuse qui nécessite un entretien régulier, bien au-delà des prélèvements destinés au bois de chauffage ou à l’ameublement. Parmi les professionnels qui interviennent dans sa gestion, les bûcherons jouent un rôle clé. Samedi 22 mars, à La Grande Verrière, le public a eu l’occasion de découvrir ce métier de l’intérieur.
Nous sommes nombreux à profiter de la forêt pour des balades ou la cueillette de champignons, sans toujours savoir comment elle est entretenue et gérée, qu’elle soit publique ou privée. Plusieurs acteurs en assurent la préservation, parmi lesquels les bûcherons.
Ce jour-là, en Saône-et-Loire, le château de Buton, propriété de la famille De Montmorillon, accueillait une trentaine de participants, invités par le Centre national de la propriété forestière, Fibois Bourgogne Franche-Comté, Pro ETF (association des entrepreneurs de travaux forestiers), le Parc naturel régional du Morvan et la commune de La Grande Verrière, représentée par sa maire, Marie-Claude Barnay.
Avec ses 4 500 hectares, dont 2 500 de forêts privées, La Grande Verrière était un cadre idéal pour cet après-midi de découverte intitulé “Vis ma vie de bûcheron dans le Morvan”. Une expérience enrichissante pour petits et grands, qui ont pu échanger avec des professionnels, dont Quentin Laudet, bûcheron installé à Avrée, dans la Nièvre.
Un métier passion
Exerçant depuis 2011, Quentin Laudet a créé son entreprise individuelle en 2020. « Je suis passionné par la nature et j’aime travailler en extérieur. Mon métier m’a même permis de contribuer à la restauration de Notre-Dame de Paris, en prélevant des bois très anciens à Saint-Ouen-sur-Loire et Saint-Gratien-en-Savigny. ». Avec pédagogie et enthousiasme, il a détaillé les étapes cruciales de son travail : analyser l’état de santé d’un arbre avant de l’abattre, repérer son environnement, établir un périmètre de sécurité… La prudence est essentielle, et il en sait quelque chose : en cinq ans, il a été victime de deux accidents, en 2021 et 2023, qui lui ont valu de graves fractures. « 80 % du travail repose sur ces précautions, car même avec toute l’expérience du monde, abattre un arbre reste un exercice délicat. »
Une démonstration grandeur nature
Pour illustrer son savoir-faire, le bûcheron a procédé à l’abattage d’un chêne marqué par la foudre, destiné à devenir du bois de chauffage. Parmi les spectateurs, Sandrine et Éric, nouveaux propriétaires de chalets touristiques à Saint-Léger-sous-Beuvray, étaient venus s’informer sur la gestion forestière. Tandis qu’Éric cherchait à mieux comprendre l’entretien d’une forêt, Sandrine, art-thérapeute, souhaitait s’imprégner de cette réalité concrète pour enrichir ses futurs ateliers de “bains de forêt”, destinés à accompagner ses clients en quête de bien-être au contact des arbres.